Malédiction du vainqueur de la CAN : Quel destin attend la Côte d’Ivoire après son sacre ?
L’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est riche en exploits et en retournements de situation. Mais depuis plus d’une décennie, un phénomène étrange frappe les champions continentaux : l’incapacité quasi-systématique de conserver leur titre, ou même de réaliser une performance respectable lors de l’édition suivante. C’est la terrible « Malédiction du Vainqueur de la CAN ».
Nous plongeons dans l’ère post-domination égyptienne pour analyser cette tendance fascinante et destructrice qui fait trembler chaque nouveau champion africain.
Le déclencheur : L’hégémonie brisée de l’Égypte (2010)
L’Égypte est le dernier pays à avoir défié la logique, et l’histoire. En 2010, les Pharaons réalisaient un exploit inédit en remportant leur troisième CAN consécutive (après 2006 et 2008). Une véritable dynastie qui semblait intouchable.

Pourtant, cette victoire fut le point de rupture. Lors de l’édition suivante en 2012, l’Égypte n’a même pas réussi à se qualifier pour la phase finale ! C’était la première fois depuis 1978 qu’un tenant du titre ne parvenait pas à défendre sa couronne. La malédiction était officiellement lancée.
📉 L’hécatombe post-2010 : Le destin des champions
Depuis 2010, aucun vainqueur n’a réussi à conserver son titre, et plus frappant encore, la plupart ont échoué lamentablement dès les premiers tours de l’édition suivante.
Voici la liste des champions et leur destin funeste :
| Vainqueur | Année du Sacre | Édition Suivante | Résultat du Champion en Titre |
| Zambie | CAN 2012 | CAN 2013 | Élimination en phase de groupes (3 nuls). |
| Nigéria | CAN 2013 | CAN 2015 | Non-qualification pour la phase finale. |
| Côte d’Ivoire | CAN 2015 | CAN 2017 | Élimination en phase de groupes (3e de son groupe). |
| Cameroun | CAN 2017 | CAN 2019 | Élimination en huitièmes de finale par le Nigéria. |
| Algérie | CAN 2019 | CAN 2021 | Élimination en phase de groupes (Dernier du groupe, 0 victoire). |
| Sénégal | CAN 2021 | CAN 2023 | Élimination en huitièmes de finale par la Côte d’Ivoire. |
Zoom sur les cas les plus saisissants
- Le Nigéria (2013 vers 2015) : Après la victoire émouvante des Super Eagles de Stephen Keshi en 2013, l’équipe s’est effondrée. Confronté à des problèmes internes et des éliminatoires difficiles, le Nigéria a été l’un des plus grands chocs en échouant à se qualifier pour la CAN 2015.
- L’Algérie (2019 vers 2021) : Les Fennecs de Djamel Belmadi arrivaient au Cameroun en 2021 avec une série d’invincibilité historique (34 matchs sans défaite). L’attente était immense. Le résultat fut une humiliation : éliminés dès la phase de groupes, ne récoltant qu’un point et terminant derniers, brisant net leur incroyable record.
- Le Sénégal (2021 vers 2023) : Champions en titre et dotés d’une équipe impressionnante, les Lions de la Térangaavaient survolé leur phase de poules en 2023. Pourtant, ils sont tombés en huitièmes de finale face au pays hôte, la Côte d’Ivoire, une élimination précoce qui a confirmé que même la meilleure équipe du moment ne peut échapper à ce funeste sort.



🤔 Les causes de la « Malédiction » : Pourquoi est-ce si difficile ?
Ce n’est pas une simple coïncidence. La malédiction du vainqueur de la CAN trouve ses racines dans plusieurs facteurs spécifiques au football africain :
1. La pression psychologique extrême
Contrairement à d’autres continents, le sacre africain met une pression colossale sur les joueurs et les staffs. Les attentes nationales deviennent démesurées. Cette pression pèse lourdement sur les épaules des champions, menant souvent à une paralysie tactique et à des performances en deçà de leur niveau habituel.
2. L’instabilité administrative et technique
La CAN est souvent suivie de changements majeurs. Les fédérations se réorganisent, les sélectionneurs populaires (comme Hervé Renard en 2012) sont débauchés, et l’effectif subit des renouvellements rapides. Un manque de continuité tactique et de cohésion de groupe affaiblit l’équipe au moment de défendre son titre.
3. La montée en puissance de la compétition
Le niveau de la CAN ne cesse de s’homogénéiser. Les « petites » nations sont désormais mieux organisées, bénéficient de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats européens, et peuvent surprendre n’importe quel favori. Il n’y a plus de matchs faciles, rendant la répétition d’un exploit deux ans plus tard une tâche herculéenne.
4. Le cycle naturel des équipes
La génération victorieuse atteint souvent son pic au moment du sacre. Deux ans plus tard, certains joueurs clés peuvent être sur le déclin, d’autres sont blessés, et la relève n’est pas toujours prête à prendre le flambeau avec la même efficacité.
Conclusion
La Malédiction du Vainqueur de la CAN est le parfait témoignage de l’imprévisibilité et de la rudesse de la compétition africaine. Elle souligne qu’en Afrique, la gloire est éphémère et que le chemin vers le sommet est moins ardu que celui pour y rester.La Côte d’Ivoire, vainqueur de la CAN 2023, est le prochain pays à défier cette malédiction. Parviendront-ils à briser cette série noire lors de la prochaine édition ? L’histoire récente suggère que le défi est colossal.




🏆 FAQ : Tout savoir sur la Malédiction du Vainqueur de la CAN
Qu’est-ce que la « Malédiction du Vainqueur » de la CAN ?
La malédiction du vainqueur de la CAN désigne un phénomène récurrent depuis 2010 où le champion en titre échoue systématiquement à conserver son trophée. Cela se traduit soit par une non-qualification pour l’édition suivante, soit par une élimination précoce (souvent dès la phase de groupes ou en huitièmes de finale).
Quel est le dernier pays à avoir remporté la CAN deux fois de suite ?
L’Égypte est la dernière nation à avoir brisé la logique de l’alternance. Les Pharaons ont réalisé un triplé historique en remportant les éditions 2006, 2008 et 2010. Depuis cet exploit, aucun pays n’a réussi à conserver son titre.
Pourquoi la Côte d’Ivoire est-elle particulièrement surveillée pour la prochaine CAN ?
En tant que vainqueur de la CAN 2023, la Côte d’Ivoire est la prochaine nation sur la liste de la « malédiction ». Les Éléphants devront relever un défi colossal : éviter le piège de l’élimination précoce qui a frappé tous les champions depuis plus de dix ans, y compris eux-mêmes après leur sacre de 2015.
Quels sont les échecs les plus marquants des champions en titre ?
Deux cas récents illustrent parfaitement ce déclin :
- L’Algérie (2021) : Tenante du titre et invaincue depuis 34 matchs, elle a été éliminée dès le premier tour en finissant dernière de son groupe.
- Le Nigéria (2015) : Sacrés en 2013, les Super Eagles n’ont même pas réussi à se qualifier pour la phase finale de l’édition suivante.
- Le Sénégal (2023) : Malgré un statut de grand favori, le champion en titre est tombé dès les huitièmes de finale face à la Côte d’Ivoire.
Quelles sont les causes principales de cette instabilité ?
Les experts identifient quatre facteurs majeurs :
- La pression psychologique : Les attentes nationales deviennent souvent ingérables pour les joueurs.
- L’instabilité administrative : Des changements de sélectionneurs ou de direction au sein des fédérations après un titre.
- L’homogénéisation du niveau : Il n’y a plus de « petites équipes » en Afrique ; chaque match est devenu un piège.
- La fin de cycle : Le déclin physique ou le départ à la retraite des cadres de la génération victorieuse.
Est-il possible pour la Côte d’Ivoire de briser cette série noire ?
C’est tout l’enjeu des mois à venir. Si la Côte d’Ivoire parvient à maintenir une stabilité technique et à gérer le renouvellement de son effectif sans perdre sa cohésion, elle pourrait devenir la première nation depuis 15 ans à défendre son rang avec succès.





