CAN 2025 – En tant que champions en titre, les Éléphants de la Côte d’Ivoire abordent la CAN 2025 avec la lourde responsabilité de défendre leur couronne. Cependant, la préparation du sélectionneur Emerse Faé est d’ores et déjà compliquée par le bras de fer traditionnel avec la puissante Premier League anglaise.
La décision confirmée par la ligue anglaise de ne libérer ses internationaux africains que le 15 décembre est un coup dur majeur. Pour la Côte d’Ivoire, cela signifie que plusieurs éléments clés dans toutes les lignes – de la défense au milieu en passant par l’attaque – arriveront tardivement au rassemblement. Ce retard concerne des piliers et de nouvelles recrues de la PL comme Ibrahim Sangaré, Simon Adingra, Willy Boly, Evann Guessand et Emmanuel Agbadou, amputant la période de cohésion essentielle avant le coup d’envoi. Cet article propose une analyse exhaustive des implications de cette décision sur la préparation des Éléphants pour la défense de leur titre continental.

Le cadre réglementaire et la position inflexible de la Premier League
L’article 36 du code du statut du joueur de la FIFA
Le règlement de la FIFA est clair, mais sujet à interprétation. En règle générale, les joueurs doivent être libérés par leurs clubs 14 jours avant le match d’ouverture d’une compétition majeure. En l’absence de confirmation officielle des dates exactes de la CAN 2025, la Premier League applique la lecture la plus stricte et la plus favorable à ses intérêts.
Si la compétition devait démarrer autour du 29 décembre, la date de libération minimale requise serait le 15 décembre. Les fédérations africaines, cependant, plaident toujours pour une libération anticipée, souvent autour du 8 ou du 10 décembre, pour permettre des stages de cohésion de trois semaines, jugés indispensables pour optimiser les performances dans un tournoi aussi exigeant que la CAN.
La puissance économique contre l’impératif sportif
La Premier League opère dans une période cruciale de son calendrier : le Boxing Day. Cette séquence, intensive et emblématique du football anglais, représente un pic d’audience et de revenus. Pour les clubs, libérer des joueurs majeurs tels que Sangaré ou Adingra, même une semaine plus tôt, peut signifier perdre des points cruciaux ou compromettre des qualifications en coupes, impactant directement leur résultat financier annuel.
Cette prime donnée à l’économie nationale anglaise relègue l’impératif sportif des nations africaines au second plan. La décision de retenir les joueurs jusqu’au 15 décembre est donc moins une question d’interprétation réglementaire qu’une démonstration de force dictée par les intérêts financiers du championnat le plus riche du monde.
L’historique des conflits et l’usure des relations
Ce conflit n’est pas nouveau. L’antagonisme entre les clubs européens et la CAN est une routine qui fatigue les joueurs, les sélectionneurs et les supporters. La répétition de cette situation à chaque biennale de la CAN crée un précédent difficile à briser et place les sélections africaines dans une position de faiblesse structurelle et chronologique avant même le premier coup de sifflet.
Le Roster Ivoirien en Premier League : Une analyse des éléments retenus
La Côte d’Ivoire, forte de ses talents exportés, paie un lourd tribut à cette décision. L’impact se fait sentir sur des postes clés, indispensables à la construction d’une équipe solide et équilibrée.
Le milieu de terrain : Le cas Ibrahim Sangaré
Ibrahim Sangaré (Nottingham Forest) est sans doute l’élément dont l’absence tardive sera la plus préjudiciable. En tant que sentinelle ou milieu relayeur défensif, il est le métronome, le récupérateur et le premier organisateur des Éléphants.
- Rôle Tactique : Son volume de jeu, sa capacité à briser les lignes adverses et son intelligence de placement sont irremplaçables.
- Conséquence du Retard : L’intégration de Sangaré en stage sera cruciale pour les automatismes du milieu. Si la cohésion avec ses partenaires (comme Kessié ou Fofana) n’est pas parfaite, cela pourrait créer des brèches au centre du terrain, une zone vitale dans les tournois à élimination directe.
La défense : L’expérience de Willy Boly et la robustesse d’Emmanuel Agbadou
La défense est également fortement impactée par la rétention de deux centraux essentiels :
- Willy Boly (Nottingham Forest) : Malgré son âge, son expérience du haut niveau et son physique imposant sont des atouts majeurs, surtout dans les duels aériens. Son leadership est important pour l’arrière-garde.
- Emmanuel Agbadou (Wolverhampton) : Arrivé en Premier League en janvier 2025, il a rapidement montré sa solidité. Son arrivée tardive signifie moins de temps pour le staff d’Emerse Faé pour évaluer les meilleures paires centrales et travailler la coordination défensive.

L’Attaque et la créativité : Simon Adingra, Amad Diallo et Evann Guessand
C’est souvent la créativité et la finition qui souffrent le plus d’une préparation écourtée :
- Simon Adingra (Sunderland AFC) : Transféré à Sunderland, il reste un joueur clé dont la vitesse et la capacité à déborder sont essentielles. Il doit retrouver rapidement la complicité avec le reste de l’attaque, en particulier après son changement de club.
- Amad Diallo (Manchester United) : Jeune talent technique, son arrivée tardive limitera le temps d’Emerse Faé pour travailler les combinaisons spécifiques dans le dernier tiers du terrain.
- Evann Guessand (Aston Villa) : Récemment transféré à Aston Villa, il représente une option offensive polyvalente en pleine phase d’adaptation à la Premier League. Son intégration tardive réduit les possibilités de le tester dans différents schémas tactiques de l’équipe nationale.
Le manque de temps pour ajuster les combinaisons impliquant ces joueurs peut se traduire par un manque de fluidité offensive lors des premières rencontres de la CAN.
Les défis tactiques et logistiques pour Emerse Faé
La décision de la Premier League force le staff des Éléphants à une planification inédite et à des choix difficiles, impactant l’efficacité globale de la préparation.
Le casse-tête de la période pré-15 Décembre
Emerse Faé devra organiser la première phase de son stage (si celui-ci commence début décembre) sans sa colonne vertébrale anglaise.
- Stratégie du Stage en Deux Temps : Le stage devra être scindé en deux phases distinctes. La première, avec les joueurs d’autres championnats (France, Arabie Saoudite, Turquie, etc.), sera axée sur le travail physique et les principes généraux de jeu. La seconde, après le 15 décembre, devra être dédiée à l’intégration des stars et au travail tactique fin.
- Risque de Surcharge : Les joueurs arrivant le 15 décembre seront immédiatement plongés dans un environnement tactique intense sans la phase de récupération adéquate après la série de matchs de Premier League, y compris le Boxing Day.
La gestion de la fatigue et la prévention des blessures
Le calendrier anglais est impitoyable. Les joueurs arriveront non seulement tardivement, mais aussi avec un lourd bagage physique : fatigue, petites blessures, et stress mental liés aux enjeux de leur club.
- Priorité à la Récupération : Le staff médical jouera un rôle plus important que jamais. La première semaine post-15 décembre devra privilégier les soins, la physiothérapie et l’entraînement à intensité réduite pour éviter les blessures musculaires, courantes après un enchaînement de matchs.
- L’Évaluation Psychologique : Certains joueurs pourraient arriver frustrés par la pression de leur club ou par un manque de temps de jeu. Gérer leur état mental et leur motivation à se replonger immédiatement dans l’effort national est un défi psychologique majeur.
L’harmonie du groupe et le leadership
La cohésion est l’âme d’une équipe de tournoi. L’arrivée en décalé des leaders techniques et des nouvelles recrues de la PL peut perturber l’harmonie déjà établie par le premier groupe.
- L’Implication des Nouveaux : Le staff doit veiller à ce que les joueurs présents dès le début ne se sentent pas dévalorisés lorsque les stars anglaises prendront les rênes après le 15.
- Leadership Partagé : Il sera vital de s’assurer que les leaders naturels (comme Sangaré et Boly) reprennent rapidement leur rôle de guides sans bousculer la dynamique de groupe en place.

Comparaisons et leçons des anciennes CAN
Les précédentes éditions de la CAN offrent des leçons sur l’impact d’une préparation tronquée. L’histoire montre que la réussite d’un stage de cohésion a souvent été un facteur déterminant du succès final.
Les succès basés sur la cohésion
Des équipes ayant réussi à maximiser leur temps de stage, souvent grâce à des joueurs évoluant hors des ligues les plus contraignantes ou à des accords anticipés, ont souvent démarré le tournoi en force. La cohésion tactique et mentale, établie sur deux ou trois semaines, permet aux équipes de mieux gérer les matchs difficiles en phase de poules.
Pour la Côte d’Ivoire, le sacre précédent (CAN 2023 à domicile) a montré que la capacité à monter en puissance collectivement était la clé, même après un début difficile. Cette dynamique collective devra être reproduite en un temps record pour la CAN 2025.
Les échecs liés à l’urgence
À l’inverse, des équipes arrivant avec des stars en manque de préparation ou épuisées par leur club ont souvent trébuché dès les phases de poules, incapables d’afficher un niveau de jeu constant. Le manque d’automatismes et les blessures de dernière minute sont souvent les conséquences directes d’une préparation trop courte.
Ce risque est particulièrement élevé pour la Côte d’Ivoire, car la pression en tant que championne en titre est immense. L’échec ne sera pas seulement sportif, mais aussi médiatique.
La nécessité de l’anticipation et de la flexibilité
Face à l’inflexibilité de la Premier League, les fédérations doivent devenir plus flexibles dans leurs plans.
- Scouting et Planification: Le staff doit déjà avoir un Plan B tactique qui minimise l’impact des retards. Les amicaux de préparation devront être soigneusement choisis pour simuler les conditions de jeu futures et tester les alternatives aux joueurs de Premier League.
- Relations Clubs/Sélections : Il est impératif d’entretenir des relations ouvertes avec les clubs de Premier League pour obtenir des rapports détaillés sur l’état physique et le temps de jeu des joueurs concernés jusqu’au 15 décembre.
Conclusion : La détermination des Éléphants face à l’adversité
La décision de la Premier League de retenir des joueurs comme Ibrahim Sangaré, Simon Adingra, Willy Boly, Evann Guessand et Emmanuel Agbadou jusqu’au 15 décembre est un coup dur incontestable pour la préparation de la CAN 2025.
Ce retard crée une course contre la montre pour Emerse Faé, qui devra orchestrer un miracle logistique et tactique : intégrer des joueurs clés dans toutes les lignes (défense, milieu, attaque), gérer leur fatigue post-Boxing Day et forger une cohésion digne d’un champion, le tout en deux semaines.
L’histoire de la Côte d’Ivoire est celle d’une résilience face à l’adversité. Le succès passera par l’intelligence du staff à minimiser l’impact de ce calendrier hostile et par la détermination des joueurs à prouver que le cœur et la volonté peuvent compenser un stage écourté. Le peuple ivoirien sera uni derrière ses Éléphants, attendant que le talent de ses stars, même arrivé tardivement, fasse la différence.

❓ Foire Aux Questions (FAQ) : CAN 2025 et les Joueurs Ivoirien de Premier League
1. Quand la Premier League libère-t-elle les joueurs pour la CAN 2025 ?
La Premier League a indiqué qu’elle libérera les joueurs internationaux africains, y compris les joueurs ivoiriens, le 15 décembre. Cette décision respecte la réglementation minimale de la FIFA (14 jours avant le début présumé de la compétition).
2. Quels joueurs ivoiriens de la Premier League sont concernés par cette date ?
La décision impacte plusieurs piliers des Éléphants : Ibrahim Sangaré et Willy Boly (Nottingham Forest), Simon Adingra (Sunderland), Emmanuel Agbadou (Wolverhampton), et Evann Guessand (Aston Villa), en plus d’autres joueurs potentiels comme Amad Diallo (Manchester United).
3. Pourquoi cette date de libération est-elle un coup dur pour Emerse Faé ?
Cela réduit drastiquement le temps de préparation. Le staff d’Emerse Faé n’aura qu’environ deux semaines pour intégrer les stars, travailler les automatismes tactiques cruciaux, et gérer la fatigue de ces joueurs qui arrivent directement de la séquence très intense du Boxing Day anglais.
4. L’absence d’Ibrahim Sangaré au début du stage est-elle critique ?
Oui, l’absence tardive d’Ibrahim Sangaré est particulièrement critique. En tant que métronome du milieu de terrain, il est vital pour l’équilibre de l’équipe. Un temps de préparation écourté avec lui au centre du jeu augmente le risque de déséquilibre tactique lors des premiers matchs de la CAN 2025.
5. La Côte d’Ivoire a-t-elle demandé une libération anticipée ?
Oui. Les fédérations africaines demandent systématiquement une libération anticipée (souvent autour du 8 ou 10 décembre) pour permettre un stage de cohésion de trois semaines. Cependant, la Premier League a fait valoir ses intérêts économiques et a refusé cet arrangement.
6. Quel est l’impact sur les défenseurs comme Willy Boly et Emmanuel Agbadou ?
L’arrivée tardive des défenseurs centraux comme Willy Boly et Emmanuel Agbadou réduit le temps nécessaire pour parfaire la coordination défensive. Cela peut rendre la défense plus vulnérable face à des adversaires ayant eu une préparation plus longue.





